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Vendredi 20 novembre 2009

Hier soir, le Conseil Européen, qui regroupe les 27 chefs d’Etats européens, a désigné son Président. C’est le premier ministre belge Herman Van Rompuy qui va prendre la direction de l’Union Européenne pour deux ans et demi à compter du 1er décembre, date de l’entrée en vigueur de l’anti-démocratique traité de Lisbonne. Bien qu’il ait tenu des positions fermes contre l’entrée de la Turquie dans l’UE et sur les racines chrétiennes de l’Europe, nous nous faisons peu d’illusions : le traité de Lisbonne a été signé par la Turquie et ne reconnait pas l’héritage chrétien de la civilisation européenne.

 

Autre technocrate désigné et non pas élue, c’est la vice-présidente de la commission européenne Catherine Ashton, qui désormais assumera la fonction de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, une « super-ministre » de la politique étrangère européenne qui va priver toutes les ex-nations souveraines de leurs politiques étrangères respectives.

 

Nous ne sommes plus à un contournement démocratique près.  Le processus de désignation de ces deux nouveaux hyper-technocrates reste très flou. Il n’oblige en rien les candidats à se déclarer ; les critères ont été fixés au fur et à mesure et le Conseil Européen n’a pas pris la peine d’auditionner les candidats sur leur vision de la fonction qu’ils briguaient. Cependant, la politique de leur pays d’origine, leurs opinions et leurs bilans trahissent leur penchant pour le libre-échangisme et l’atlantisme. Malheureusement, ce processus technocratique n’est pas le seul à être vague et approximatif. Les deux nouvelles fonctions qui viennent d’être créées sont très sommairement définies par le traité de Lisbonne.

 

Désormais, l’Union Européenne, qui a déjà une monnaie unique, un embryon d’armée unique, une constitution unique et un marché unique, a un Président unique et un ministre des affaires étrangères unique. Ces nombreuses similitudes avec le fonctionnement d’un Etat supra-national inquiètent le Mouvement Pour la France qui déplore le renforcement des institutions supranationales et le caractère fondamentalement anti-démocratique d’une Union Européenne  déjà bien assez coupée des réalités. Préparons-nous à voir les derniers pans de la souveraineté de notre pays disparaitre définitivement.

Par J-MENECHAL - Publié dans : Europe - Communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 20 novembre 2009

Il y a bientôt une semaine, on nous expliquait que les émeutes, pillages, affrontements avec les forces de l’ordre étaient causés par la défaite de l’équipe de foot algérienne face à l’Egypte. Jusque là, on pouvait encore croire que la déception d’une jeunesse sans repère et fan de foot puisse provoquer de tel dégât.

 

En revanche, hier soir, l’Algérie a gagné son match retour face à l’Egypte et s’est qualifiée par la même occasion au prochain mondial. A priori, il n’y avait donc aucune raison que la France connaisse une nouvelle nuit de violence.

 

Bien au contraire, dans près d’une trentaine de villes, des axes de circulation ont été bloqués, des incendies et des affrontements avec les forces de l’ordre ont ponctués la nuit. Certaines villes ont même suspendu leurs transports en communs pour des raisons de sécurité.

 

Ces scènes de « liesse »  aux couleurs de l’Algérie, aux « youyous »  et autres « one, two, three, viva Algérie », ressemblent plus à une affirmation identitaire étrangère sur le territoire français, qu’à une fête populaire. Qu’aurait-on dit si la communauté française de New York ou Moscou eussent fait de même mercredi soir, près de Ground Zero ou sur l’ex-Place Rouge, pour saluer la difficile qualification de l’équipe de France face à l’Irlande ?

Par J-MENECHAL - Publié dans : National - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 19 novembre 2009




Choquant, amusant, étonnant ou éclairant : voici une petite sélection de citations sur la construction de l'Europe, provenant d'un large panel de personnalités publiques, de différentes époques, régimes, et contrées. Le meilleur y côtoyant parfois le pire, parce que l'idéal européen a hélas toujours servi de moteur aux ambitions tant de démocrates sincères, que de forces totalitaires.





Méli-mélo de citations sur l'unification européenne



ATTALI (Jacques)

Conseiller de François Mitterrand (1981-1990) et ancien président de la BERD

("Sous les pavés", La télé libre, 3 mars 2008)


"Sur la fonction [de Président de la République] qui s’abîme, c’est évident. Elle s’abîme institutionnellement. Si vous regardez le président actuel, il a perdu au moins six des pouvoirs de François Mitterrand : Il n’y a plus la monnaie, donc la dévaluation ça n’existe plus. Il n’y a plus les nationalisations, il n’y a plus la politique industrielle. La globalisation fait que tout le monde est maître de ce qui se passe en France. La décentralisation a fait perdre l’essentiel des pouvoirs de la France. L’Union Soviétique ayant disparu, le grand pouvoir de thaumaturge du Président de la République qui était le droit de vie ou de mort [via la bombe atomique] a disparu, et enfin la construction européenne. Progressivement, l’État s’est dissous dans la réalité de la globalisation. Le Président n’est que l’incarnation de cette dissolution, quel qu’il soit "



AUBRY (Martine)

Premier secrétaire du Parti socialiste (depuis 2008), Ministre du travail (1991-1993, 1997-2000)

(12 septembre 1992, discours à Béthune)


"Comment peut-on dire que l'Europe sera moins sociale demain qu'aujourd'hui ? Alors que ce sera plus d'emplois, plus de protection sociale et moins d'exclusion..."



BARROSO (José-Manuel)

Président de la Commission européenne

(10 juillet 2007, conférence de presse à Strasbourg)


« Parfois j'aime comparer l'Union Européenne en tant que création, à l'organisation des empires. Nous avons la dimension de l'empire, mais il y a une grande différence. Les empires ont été habituellement bâtis par la force avec un diktat imposant du centre, sa volonté aux autres. Maintenant ce que nous avons est le premier "empire non-impérial" »


BOURLANGES (Jean-Louis)

Député européen (1989-2007)

(Le Monde 3 décembre 2007)


"Je suis de ceux qui pensent que ce n'est pas l'Europe qui a fait la paix, mais la paix qui a fait l'Europe. Je reconnais le caractère scandaleux du propos, puisqu'il signifie, à rebours de ce que pensent les Français, que c'est la Pax Americana, la sécurité et la sérénité qu'elle a apportées aux Allemands, aux Français, aux Italiens, et aux Bénéluxois (sic) qui leur a permis de s'engager sur la voie du rapprochement et de l'intégration".


BERTONE (Cardinal, Tarcisio)

Secrétaire d'Etat du Vatican, bras droit du Pape Benoît XVI

(28 septembre 2009, interview au quotidien tchèque Dnes)


"Les pays européens ont leur identité propre. L'Union européenne leur prescrit ses lois et ses vues, sans respecter leurs traditions ni leur histoire. Certains pays sont logiquement en train de résister à cela - comme l'Irlande (...) L'Eglise ne peut que les encourager."

 


COPE (Jean-François)

Président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Ministre du budget et porte-parole du gouvernement (2005-2007)

(février 2005)


"La Constitution nous apportera un ministre des affaires étrangères qui nous permettra de parler d'une seule voix, tout en gardant la nôtre..."



DELORS (Jacques)

Président de la Commission européenne (1985-1995), Ministre de l'Economie et des Finances (1981-1984)

(Conférence à Strasbourg, 7 décembre 1999)


"L'Europe est une construction à allure technocratique et progressant sous l'égide d'une sorte de despotisme doux et éclairé "

 


FERRAND (Olivier)

Président du think-tank "Terra Nova"

("L'Europe contre l'Europe", éditions Hachette, 2009)


« Il y a une réalité que l’on mentionne rarement, car elle est désagréable à entendre : l’Union est tout simplement la zone du monde où la croissance est la plus faible. »

 

 

GISCARD D'ESTAING (Valéry)

Président de la République (1974-1981), Président de la Convention pour l'avenir de l'Europe (2001-2003)

(RTL, 30 juillet 1992)

 

"Si le traité [de Maastricht] était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré."


(cité par Le Monde, 14 juin 2007 et le Sunday Telegraph, 1 juillet 2007) 


Une dernière trouvaille consiste à vouloir conserver une partie des innovations du Traité constitutionnel, et à les camoufler en les faisant éclater en plusieurs textes. Les dispositions les plus innovantes feraient l'objet de simples amendements aux traités de Maastricht et de Nice. Les améliorations techniques seraient regroupées dans un Traité devenu incolore et indolore. L'ensemble de ces textes serait adressé aux Parlements, qui se prononceraient par des votes séparés. Ainsi l'opinion publique serait-elle conduite à adopter, sans le savoir, les dispositions que l'on n'ose pas lui présenter "en direct". 

 


GOEBBELS (Joseph)

Ministre du IIIème Reich (1933-1945)

(11 septembre 1940, "Das europa der zukunft" ("l'Europe du futur") : discours aux travailleurs intellectuels et aux journalistes tchèques, reproduit dans Walter Lipgens : "Documents on the history of European integration", (De Gruyter, Berlin and New York, 1985). p73)


"Je suis convaincu que dans 50 ans d'ici, les gens ne penseront plus en terme de pays".

 


KLAUS (Vaclav)

Président de la République tchèque

(19 février 2009, devant le Parlement européen à Bruxelles)


"Etes-vous sûrs, lorsque vous votez au sujet de n'importe quel texte ici même, que cette affaire doit être résolue justement dans cette salle et non plus près des citoyens, donc dans les  États européens ? (...) En l'absence de « demos », de peuple européen, la solution ne consiste pas dans un renforcement du rôle du Parlement européen."

 


LAMY (Pascal)

Commissaire européen (1999-2004), directeur général de l'OMC depuis 2005

(août 2003)


"Il n'y a pas de raison de financer éternellement l'agriculture européenne. Les Européens doivent apprendre à acheter leur vin en Australie ou en Californie, leur viande en Argentine ou au Mexique, leur blé en Ukraine ou aux Etats-Unis"


LESOURNE (Jacques)

Directeur du journal Le Monde (1991-1994), Président de l'association "Futuribles"

(19 septembre 1992, Editorial du journal Le Monde)


"Un non au référendum serait pour la France et pour l'Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l'arrivée d'Hitler au pouvoir."

 


LILLEY (Peter)

Député à la chambre des communes britannique

(Proposition de loi visant à réduire les indemnités parlementaires une fois le traité de Lisbonne ratifié, 2008)


« Dans presque tous les métiers, il est reconnu que le salaire devrait refléter les responsabilités. Si des gens se voient confier davantage de responsabilités, ils reçoivent un salaire plus élevé. S'ils prennent une fonction avec moins de responsabilités, ils s'attendent à être payés moins. La même chose devrait être vraie du Parlement. Si, comme [prévu par le Traité de Lisbonne], cette Chambre transfère davantage de ses pouvoirs aux institutions européennes, la rémunération des députés devrait refléter la diminution de leurs responsabilités ».


MERKEL (Angela)

Chancelière d'Allemagne

(citée par The Daily Telegraph, 29 juin 2007)

 
« La substance de la Constitution est maintenue. C'est un fait »

 


MONNET (Jean)

"Père fondateur" de l'Europe

Note du 6 mai 1943 déclassifiée, adressée au secrétaire d'Etat américain Harry Hopkins, (cité par Eric Branca, "De  Gaulle - Monnet ou le duel du siècle", Revue Espoir, n°117, novembre 1998, p 9).

 
"Il faut se résoudre à conclure que l'entente est impossible avec De Gaulle, qu'il est un ennemi du peuple français et de ses libertés, qu'il est un ennemi de la construction européenne (et) qu'en conséquence, il doit être détruit dans l'intérêt des Français"



MUSSOLINI (Benito)

Président du Conseil italien (1922-1945)

(Conseil national des corporations, le 14 novembre 1933)

 

"L'Europe peut saisir à nouveau le gouvernail de la civilisation mondiale si elle arrive à réaliser un tant soit peu d'unité politique."

 


PADOA-SCHIOPPA (Tommaso)

Ministre de l'Economie et des Finances italien (2006-2008), ancien membre du directoire de la Banque Centrale Européenne et Président du think-tank Notre Europe

(Revue "Commentaire" n° 87) 


"La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs"(…)"L'Europe s'est formée en pleine légitimité institutionnelle. Mais elle ne procède pas d'un mouvement démocratique"(…)"Entre les deux pôles du consensus populaire et du leadership de quelques gouvernants, l'Europe s'est faite en suivant une méthode que l'on pourrait définir du terme de despotisme éclairé."



POETTERING (Hans-Gert)

Président du Parlement européen (2007-2009), eurodéputé allemand (CDU)

(16 mai 2005)


«Il est clair que l'Europe est notre espace vital spirituel »

 


ROCKFELLER (David)

Président et fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale

(Réunion des 6-9 juin 1991 du Groupe de Bilderberg à Baden Baden)


"Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d'une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l'autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés."


SAPIN (Michel)

Ministre PS de l'économie et des finances (1992-1993), député de l'Indre

(11 septembre 1992, France Inter)


"Pour la France, la monnaie unique, c'est la voie royale pour lutter contre le chômage"



SARKOZY (Nicolas)

Président de la République

(25 octobre 2007, devant le bureau du Parlement européen, cité par The Telegraph, 14 novembre 2007)


« Un référendum aujourd'hui mettrait l'Europe en danger. Il n'y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, qui serait suivi par un référendum au Royaume-Uni. La même chose se produirait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Il y a un gouffre entre les peuples et les gouvernements ». 



SEGUIN (Philippe)

Ancien ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, président de l'Assemblée nationale (1993 à 1997) et président du RPR (1997 à 1999), il est Premier président de la Cour des comptes depuis le 21 juillet 2004.

(Assemblée nationale, 5 mai 1992, discours sur l'exception d'irrecevabilité en application de l'article 91, alinéa 4, du Règlement

"Voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d'Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu'elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice. Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d'experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences."

 


SOAMES (Christopher, Sir)

Homme d'Etat britannique conservateur et gendre de Winston Churchill, ancien vice-Président de la Commission européenne, ambassadeur du Royaume Uni en France, dernier gouverneur de la Rhodésie du Sud, député de Bedford à la chambre des communes de1950 à 1966.

Cité par P. de Saint-Robert, Le Secret des jours, p.346


"Dans une organisation internationale, il faut toujours mettre un Français à la tête, car les Français sont les seuls à ne jamais y défendre les intérêts de leur pays."



TROTSKY (Léon)

Révolutionnaire soviétique

(Conversation, 30 octobre 1917 à Petrograd, cité par John Reed dans "Ten Days That Shook the World" ch. 3, 1926).


“La république fédérale d’Europe, les États-Unis d’Europe – voilà ce qui doit être. La souveraineté nationale n’est plus suffisante. L’évolution économique demande l’abolition des frontières nationales. Si l’Europe demeure séparée en groupes nationaux, alors l’impérialisme recommencera son œuvre. Seule une république fédérée d’Europe peut donner la paix à l’Europe”

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Jeudi 19 novembre 2009



Véronique BESSE, député du Mouvement Pour la France à l'Assemblée Nationale, est intervenue le jeudi 19 novembre à la tribune de l'Assemblée nationale à l'occasion de la discussion de la proposition de loi du parti socialiste relative au droit de finir sa vie dans la dignité.

 

Elle dénonce une proposition de loi cynique et tronquée qui révèle une conception bien basse de la dignité humaine.

Véronique BESSE souligne que voter cette loi serait un triple échec :

 

Un échec législatif : car elle va à l’encontre des  tous les progrès unanimement salués ces deux dernières années pour soulager la souffrance des malades. Ce serait une grave incohérence législative.

 

Un échec médical : car elle est basée sur un mensonge : l’euthanasie serait la seule solution d’échapper à l’acharnement thérapeutique.

 

Un échec social : car plutôt que de lutter contre l’individualisme et l’indifférence sociale, elle entérinerait l’idée que notre société est incapable de se mobiliser pour accompagner les malades jusqu’à leur mort naturelle.

 

Les socialistes ne font que répondre aux demandes d’un lobby ultra minoritaire et instrumentalisent les milliers de malades qui sont attachés à la vie. La solidarité ne consiste pas à abandonner les plus faibles mais au contraire à les soutenir.

 

Les malades et leurs familles n’attendent pas une solution pour mourir mais des remèdes pour guérir ! Il faut plus que jamais concentrer nos efforts sur la recherche médicale et le développement des services de soins palliatifs afin de permettre un véritable accompagnement médical et humain.

Par J-MENECHAL - Publié dans : National - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 19 novembre 2009

L'examen par le Parlement du projet de loi de finances est toujours l'occasion de drôles de découvertes, notamment s'agissant des divers versements de la France à l'Union européenne. Il y a la cotisation "volontaire" (en hausse en 2010) du budget national à l'Union européenne – entre 19 et 20 Md€ en moyenne annuel jusqu'à 2013 dont deux tiers reviennent sous forme de subventions agricoles et régionales - et il y a les contributions "forcées", celles que l'Union inflige aux Etats pour manquement au droit et/ou aux procédures communautaires. Ces contributions-sanction, qui sont les plus absurdes de toutes les contributions européennes de la France, prennent différentes formes.


1) Un surcoût d'1 milliards d'euros


L'article 33 du projet de loi de finances pour 2010 évalue notre cotisation nationale au profit du budget de l'Union européenne à 19,5 milliards d'euros (à périmètre constant). Une contribution qui a quadruplé en valeur depuis 1982 et qui se dégrade fortement. En effet, une décision européenne du 7 juin 2007 réformant le système des ressources de l'Europe est entrée en vigueur le 1er mars dernier avec un effet rétroactif pour les exercices 2008 et 2007. Cette réforme engendre en 2009 un surcoût pour la France de plus d'un milliard d'euros. La France demeure le deuxième pays contributeur au budget communautaire derrière l'Allemagne, et devant l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni. La part de sa contribution représente aujourd'hui 18,2 % des ressources de l'Union européenne.


2) 250 Millions de refus d'apurement


Les refus d'apurement des dépenses de la politique agricole commune (PAC), qui représentent 116 M€ en moyenne annuelle. Il s'agit de la partie des aides agricoles et structurelles préfinancées (avancées) par les États membres à leurs bénéficiaires, mais que la Commission refuse de rembourser lorsqu’elle estime que celles-ci ont été indûment versées au regard de la réglementation communautaire. Ces dépenses restent donc de manière imprévue à la charge du budget national. 


Les corrections financières au titre des fonds structurels (118 M€ en 2006, aucune correction en 2007 et 2008), résultent de motifs similaires. Selon les prévisions de la Cour des comptes, ce seraient aujourd’hui quelque 250 M€ annuels d’avances, que la Commission refuse de rembourser à l’État et qui restent donc à sa charge.


Sa faute ? Être incapable de respecter les règlements d’une Commission à laquelle il s’est lui-même remis pour définir les politiques qu’il subventionne...


3) 405 Millions d'amendes 


Il faut y ajouter les amendes et astreintes prononcées par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) en cas de violation persistante par les Etats membres du droit communautaire. Plusieurs fois condamnée, la France a constitué 405 M€ de provisions pour litiges pour l'année 2010, correspondant à cinq dossiers pour lesquels la probabilité de condamnation de notre pays est jugée supérieure à 50 %. En 2009, la France a été condamnée à 10 M€ d'amende suite à l'affaire « Organismes génétiquement modifiés » (OGM), directives qu'elle a bien fini par transposer.

Ces amendes représentent le « coût de l’hypocrisie européenne » des dirigeants politiques nationaux qui acceptent des textes à Bruxelles (80 % des lois nouvelles sont d’origine communautaire) mais refusent ensuite de les transposer, laissant à leurs successeurs le soin d’en assumer la responsabilité politique, devant une opinion de plus en plus rétive. 


Valeurs Actuelles 

Par J-MENECHAL - Publié dans : Europe - Communauté : Les blogs républicains
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