Discours de fin de campagne : Laissez nous aimer la France !

Voilà le cri du cœur lancé hier par Philippe de Villiers, en clôture du grand meeting de fin de campagne qui s’est tenu hier, au Cirque d’Hiver. Dans une ambiance surchauffée par près de 1500 personnes, Philippe de Villiers à souhaité relayer "le cri sourd" d’une "France qu’on n’entend plus", victime de la crise et du libre-échangisme.
Retrouvez ci-après, la dépêche AFP : Le président du Mouvement pour la France (MPF) et son allié, Frédéric Nihous, dirigeant du CNPT (Chasse, pêche, nature et traditions) se sont présentés au Cirque d’hiver à une foule de militants tout acquis à la cause souverainiste et à la défense des "terroirs". M. de Villiers a dressé un réquisitoire contre le traité de Lisbonne qui, selon lui, mettra fin à l’indépendance diplomatique" de la France et interdira toute protection douanière. Il a estimé que la Commission de Bruxelles est devenue "un organe supplétif de l’Organisation mondiale du commerce" et a préconisé un retour au système de "préférence communautaire" des traités de Rome, respectueux d’une "Europe des nations".
Concernant l’opposition proclamée par l’UMP à l’entrée de la Turquie dans l’UE, il lui a lancé: "faites cesser ce mensonge ou vous aurez à vous en expliquer". M. de Villiers a aussi évoqué la perte de souveraineté que constitue selon lui la réintégration de la France dans l’OTAN. Concernant la prochaine visite de Barack Obama sur les plages du débarquement, il a commenté: "si c’est en tant que président des Etats-Unis, il est dans son rôle. Mais si c’est le chef de l’OTAN qui vient compter et surveiller ses troupes, et remercier Nicolas Sarkozy d’avoir réintégré la France dans l’Otan, alors M. Obama, nous sommes les amis des Américains mais nous ne sommes pas soumis aux Américains".
Devant une salle debout, à la fin d’un long discours mi-ironique mi-grave sur l’état du pays, il a proclamé, la voix étranglée: "Nous entendons le cri du peuple qui souffre et qui dit à tous les médiateurs de France et de Navarre: l’Europe oui, mais la France doit survivre. Nous voulons qu’on nous laisse quelque chose de plus précieux que nous-mêmes, nous voulions que vous nous laissiez tranquilles sur un point, un seul: laissez-nous aimer la France!".
Frédéric Nihous a, quant à lui, fustigé l’UMP qu’il a renommée "l’Union des marchands de promesses", en particulier le ministre de l’Agriculture Michel Barnier, et les Verts, qu’il a qualifiés d’"espèce complètement décadente". Il a notamment attaqué Daniel Cohn-Bendit, "triste sire" et "député migrateur vert". Plus généralement, il a accusé ceux, incluant les meneurs de Mai 68, "qui sont responsables de la destruction de nos valeurs". L’UMP, les Verts, le PS et le MoDem auraient du former ensemble "la liste unique de la pensée unique", a-t-il ironisé, estimant que le traité de Lisbonne qu’ils ont approuvé "va vous faire disparaître à petit feu". Les deux dirigeants ont enfin salué la "loyauté" de l’alliance de leurs deux mouvements, dont, ont-ils dit, l’amour de la France est le ciment.