Loi Hadopi, les Suisses ne sont pas d’accord.

Publié le par J-MENECHAL


Ne jamais suivre la France.

 

Oublions les querelles politiciennes, l’intervention musclée de Nicolas Sarkozy et le psychodrame du second vote au Sénat. Concentrons-nous sur l’essentiel: l’adoption la semaine passée, par la France, d’une loi qui permet à une autorité administrative de venir fouiller dans les connexions au Web de 30 millions d’internautes de l’Hexagone. La loi Hadopi contre le téléchargement illégal n’est rien d’autre que cela. Son but est noble: enrayer le fléau du piratage pour protéger les artistes. Mais ses principes, les moyens mis à disposition de l’Etat et de son application s’annoncent catastrophiques, voire dangereux.

 

L’idée même qu’un Etat de droit s’autorise ainsi à fouiller en permanence dans les connexions, et donc la vie privée de ses citoyens, est révoltante. Une fois un internaute pris la main dans le sac, encore faudra-t-il qu’il reçoive et lise l’e-mail d’avertissement lancé par l’Etat. Sinon, sa connexion au Net pourrait être coupée. Ce n’était pas lui qui téléchargeait illégalement un film? A lui de prouver le contraire. La France inverse le fardeau de la preuve. Un précédent dangereux, à l’heure où le partage de connexions est courant, et le piratage d’une ligne appartenant à un tiers très facile.

La loi française prévoit qu’un logiciel de sécurisation, pour éviter d’accéder à des sites diffusant des liens vers des fichiers piratés, sera vendu (oui, vendu…). Impossible de savoir si ce logiciel sera disponible pour tous les systèmes.

Du coup, que feront les internautes? Ils vont brouiller leur adresse IP pour surfer de façon anonyme, ou télécharger des films ou des disques via d’autres canaux invisibles. L’on souhaite bien du plaisir à l’administration française pour se lancer dans ce jeu du chat et de la souris.

 

Source Polémia :Annouch Seydtaghia, Le Temps

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Publié dans Europe

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